Variable, comme sa définition. Telle peut être qualifiée la culture Bear. Cela tient au fait de la multiplicité de sa population, mais nous pouvons dégager des tendances lourdes, plus ou moins mises en avant selon les lieux et les associations.
La première en est la mise en valeur de la masculinité du bear. Là aussi, les éléments varient, mais un bear ne considère un autre comme tel que s'il obéit à certaines règles. Un ours n'est pas considéré comme tel s'il a un attrait pour certaines matières en ce qui concerne ses vêtements, ou certaines couleurs. Le lycra, la soie, la dentelle, les couleurs tendant vers le rose sont généralement formellement exclus des vêtements de sortie ou de tous les jours.
La seconde est un refus relatif de suivre à tout prix la mode. Un ours ne porte une tenue que s'il la trouve pratique et confortable. Il se moque des tendances de la mode et il privilégie en général le coton, la laine et le jean. En général, un bear privilégie les fragrances les plus musquées pour se parfumer. Il n'abuse cependant pas des eaux de toilettes. Un excès ou des parfums dits "féminisants" étant généralement rédhibitoires. L'épilation corporelle est quant à elle formellement exclue.
Musicalement, la culture Bear est pour ainsi dire inexistante. Un Bear n'est pas jugé sur la musique qu'il écoute ou sur laquelle il danse. Une exception toutefois, le groupe catalan pop Vanity Bear.
Le cinéma et la presse Bear n'existent eux que dans leurs variantes pornographiques, par exemple avec l'acteur Jack Radcliffe.
En littérature, à l'exception des ouvrages pornographiques, il n'existe pas non plus de culture Bear en français. Notons cependant une exception : les ouvrages de Pier Angelo Polver, qui narrent le quotidien d'un couple formé par un Admireur et un bear.
Un mouvement artistique, parfois porno, est aussi de plus en plus important notamment dans la photographie, la peinture ou le dessin avec des artistes comme Logan (Valton), Qaherabear avec sa galerie du "Cercle arktique", Christophe Jannin, illustrateur qui s'est donné pour but de montrer que des personnages non-standards peuvent être utilisés et adaptés dans les arts graphiques et s'intégrer dans le cadre de récits ou d'illustrations contemporaines, ou Jordan Samper, portraitiste dont le talent ne cesse de grandir. On découvre aussi des galeries photos comme le "mec du mois" de MIF, ou le "nours du mois" d'Ursusmag. La liste des artistes soutenant le mouvement bear n'est pas exhaustive et bien réelle en France en tout cas.
La dernière tendance, pas forcément partagée par toute la communauté d'ailleurs, tient en une relative demande de discrétion communautaire. Le bear n'est en général que peu militant. Dans son quotidien, il ne revendique pas automatiquement son homosexualité et ne manifeste que peu. S'il défile aux gay prides c'est souvent avec les autres bears.
Ce trait explique en partie la relative ignorance ou indifférence des médias gay sur le phénomène bear en France et dans le monde.